Le Festin

jeudi 24 décembre

2015

2015

Mon année 2015 en croquis. 

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lundi 21 décembre

Pain de vieillesse se pétrit pendant la jeunesse

Devenir adulte

Voilà un sujet qui me travaille particulièrement ces derniers temps. Peut-être parce que je viens d’avoir 27 ans, un âge où l’on est censé être adulte. Peut-être parce que j’ai toujours été trop adulte au fond de moi. Peut-être aussi parce que je ne suis qu’une petite fille qui refuse de grandir.

Il y a eu plusieurs moments dans ma vie où je me suis sentie plus adulte que jamais, mais chacun de ces instants ont été effacés par d’autres en remplacement.

La première fois que j’ai été chercher du pain à la boulangerie. Maman m’avait donnée une pièce de 10 francs et autorisée à acheter ce que je voulais avec la monnaie. Je devais avoir une dizaine d’année, l’idée de parler à la parfaite inconnue qu’était la vendeuse m’avait sans doute terrifiée mais je m’apprêtais à agir « comme une grande ». Puis le pouvoir qui m’était offert, celui de choisir ce que je voulais pour dépenser la petite somme donnée. J’ai sans doute dû choisir de prendre des bonbons, mais en ressortant avec ma baguette, mon sachet de friandises et mon sourire de fierté, j’avais l’impression d’être une adulte.

La première fois que j’ai eu une discussion d’adulte. Gamine, je n’étais pas vraiment populaire auprès des autres enfants de mon âge. A 11 ans, je ne comprenais pas ces filles qui voulaient un amoureux à tout prix et je répétais souvent « A quoi bon, tu en épousera sans doute un autre dans 15 ans ? ». Je le pensais vraiment et avec le recul, je réalise que ne n’avais pas tort. J’étais de celles qui travaillaient pour avoir de bonnes notes à l’école, je ne voulais pas « faire l’adulte » je voulais « être adulte ». Déjà le goût de l’indépendance et de la liberté nourrissaient mes ambitions. Je me souviens que je ne me sentais à l’aise qu’auprès de ma mère et de ses amies quadragénaires. Parler de politique, de faits de société, d’amour aussi, de relations humaines, voilà ce à quoi je passais mon temps. J’impressionnais, mon sirop de grenadine faisant face aux cafés offert à ces mères de famille qui m’acceptaient comme l’une des leurs. Je n’avais pas de « copines », j’avais des « amies ». Et pourtant, lorsque j’avais du temps libre, je jouais encore avec mes poupées.

L’adolescence est arrivée, avec elle son quota de doutes et de questions existentielles. Quand on a 16 ans, on est insupportable. On pense déjà tout savoir et on se croit suffisamment armé pour faire face au monde. Parce qu’on a lu Nietzsche ou Marguerite Duras on se croit très cultivé et parfaitement supérieur aux autres. On sait mieux que tout le monde comment gérer la vie, on détient la vérité quelle qu’elle soit et on doit évidemment se lancer dans d’interminables débats houleux pour mieux l’imposer aux autres.
Adolescente, j’avais raison, sur tout et pour tout. Même avec ma fragilité et mon insécurité, j’étais bien plus adulte que tous les adultes du monde, en tout cas j’en étais persuadée.  La condescendance de la jeunesse, aujourd’hui je trouve cela beau. Irritant, cela va sans dire, mais beau. C’est parce que les jeunes sont impertinents qu’ils deviennent des hommes et des femmes empreints d’idéaux et décident un jour d’unir leur désir d’aventure et de combat à la sagesse de l’expérience.

Puis j’ai mêlé mon envie d’indépendance et mon refus de grandir. Les responsabilités sont difficiles à accepter et elles se sont jetées dans ma vie au moment où je voulais le plus profiter de mon insouciance. J’ai appris à faire face, à mesurer mes mots et à préparer mon avenir.

S’en sont suivi des milliers d’instants avec le sentiment fier et fort d’être une femme et non plus une petite fille. La première fois que j’ai voyagé seule, la première fois que j’ai conduit une voiture, la première fois que j’ai osé m’opposer à une personne plus âgée, la première fois que j’ai affirmé et défendu mes opinions politiques ou religieuses. J’ai fini par ne plus y penser, pour mieux attraper les instant fugaces de ce qu’on décrivait comme l’âge d’or de mon existence. Vivre au jour le jour sans vraiment imaginer comment sera demain. M’enivrer avec les copains et me heurter aux conséquences des causes que je chérissais. 

 

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Pour le plaisir des yeux, John William Waterhouse, peintre préraphaëlite

J’ai cru devenir adulte au moment où je décidais de faire une croix sur mes rêves de grandeur pour les remplacer par la simplicité d’une vie anonyme et ordinaire. J’ai cru devenir adulte lorsque je devenais le témoin de ma meilleure amie, à charge de la soutenir dans la réussite de sa future vie d’épouse, de mère. J’ai cru devenir adulte alors que je prenais la décision d’en faire autant, de me préparer à fonder un foyer. Et puis le petit être a pointé le bout de son nez.

Je me souviens de la discussion que nous avons eue, Rox et moi, à la maternité. Son enfant nouveau-né dormant au creux des anges dans son berceau, elle m’a alors dit que c’était maintenant qu’elle se sentait vraiment adulte, maintenant qu’elle était chargée d’âme, de corps et de raison. L’enfant ne pourrait pas devenir adulte à son tour si son mari et elle ne jouaient pas leur rôle de socle solidement enraciné. Une idée terrifiante que d’être garant de la vie de quelqu’un, un fardeau aussi lourd qu’il est stimulant.

Elle avait raison, à chaque fois que je regarde mon filleul, je comprends qu’être adulte, ce n’est pas payer des factures ou renoncer aux petits bonheurs. Bien au contraire, être adulte, c’est savoir réfléchir et agir sans penser uniquement à soi, mais aussi aux autres : à ceux qui ne sont plus là et qui nous ont transmis leur expérience, à ceux qui nous côtoient qui sont l’interface omniprésente de la construction de nos êtres et à ceux qui viendront et à qui nous léguerons tout ce que nous sommes.

Etre adulte, tout le monde n’en est pas capable de toute évidence et c’est un chemin interminable qu’il faut paver devant soi pour ne pas s’embourber. Je ne sais pas si c’est parce que je suis adulte que mes aspirations adolescentes sont aujourd’hui changées, si désormais j’ai d’avantage l’envie de cultiver un potager que de devenir une chanteuse à la renommée internationale. Je ne sais pas grand-chose à vrai dire.  

 

à propos du titre: proverbe auvergnat

vendredi 09 octobre

Sur le sentier Cathare

« Tout le mystère de la vie est dans tes yeux. Il suffit de les exercer à percer l’apparence des choses. Et dis-toi bien que lorsque l’univers parait s’assombrir, ce n’est pas parce que les portes se ferment devant toi, mais parce que ton regard se dérobe à la lumière… »

François Garagnon in Jade et les sacrés mystères de la vie

 

Je ne suis pas sportive. Oui, j’ai essayé de le faire croire un nombre de fois incalculable mais au fond il faut bien que je l’avoue, l’effort physique n’est pas vraiment ce que je maîtrise de mieux. Entendons-nous bien, j’aime le sport, je ne suis juste pas douée pour accomplir de bonnes performances. Alors en prenant la route ce samedi matin après une nuit assez longue pour m’avoir permis d’imaginer les plus terribles éventualités, mon cœur commençait déjà à s’emballer. Un mélange d’excitation et d’appréhension.  

L’homme m’en avait parlé quelques mois plus tôt, rejoindre un groupe de gens biens pour une sortie marche dans les montagnes Pyrénéennes. Deux jours à crapahuter dans la boue au mois d’octobre et à se peler sous une pluie certaine. Mais surtout deux jours coupés du monde moderne afin de recharger les batteries, chose dont nous avions bien besoin lui et moi.

Dans la voiture, je laisse le soin à l’homme de faire la conversation à l'ami qui nous accompagne dans le périple et prend accessoirement le rôle du chauffeur. Moi, je dors.

Arrivés au point de rendez-vous, c’est l’estomac un peu noué que je me présente à chacun, je suis un être sociable mais un peu timide hors des sentiers connus. Le fait que j’ai davantage porté d’attention à cette superbe chienne beauceronne traduisait sans doute mon état émotionnel. Les bêtes ont ce don de m’aider à me connecter à leurs maîtres.

Les dégaines des compagnons donnent le ton, ils ont l’air d’une bande de chasseurs aguerris mais je ne suis pas en reste avec ma veste militaire datant de la guerre d’Algérie (piquée à mon grand-père, un must en terme de mode). Face à moi, un géant qui n’a rien à envier aux envahisseurs normands. La longueur des cheveux sur son crâne est inversement proportionnelle à celle de sa barbe rousse et le marteau de Thor en pendentif achève son allure de viking. Sa dame révèle déjà un caractère de pile électrique, elle m’annonce avoir recherché et trouvé une messe dans le coin pour le lendemain, son aide ne sera finalement pas nécessaire mais elle me rassure sur ma bienvenue dans le groupe.  La maîtresse de la beauceronne est accompagnée d’un grand type du style légionnaire (pas du tout légionnaire finalement mais il ressemble tant à mon oncle que je continuerai à le nommer ainsi). Le chef (qui n’est pas vraiment le chef mais un peu quand même, enfin ça, je n’ai toujours pas saisi) semble paré à toute éventualité, c’est lui qui conduira la voiture balai et il n’y aura sans doute que moi à ramasser. Les deux derniers arrivent. Deux grands gaillards déjà à fond malgré l’heure matinale, l’un se révèlera atteint de cette douce folie que j’affectionne tant, l’autre est le chef numéro deux (vous ai-je dit de ne pas chercher à comprendre ?). Un petit café, une chocolatine et nous voilà partis en route vers le début du chemin. Notre parcours : le sentier Cathare

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Faites demi-tour au prochain caillou


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A croire que Tolkien est derrière l'un de ces arbres

 

Une randonnée, même toute petite, pour moi, c’est un défi, un vrai défi. Les premiers pas sont hésitants, le temps d’arriver à trouver le bon sentier, d’apprendre à marcher avec des bâtons et de réaliser que tous ceux qui nous accompagnent sont de bons marcheurs. Je suis, sans trop réfléchir, dans ma tête, une seule volonté : aller jusqu’au bout. On me dit que le chemin est court mais qu’il grimpe, mon année d’entrainement dans les vallées d’Auvergne ne suffiront pas. Je suis à la traîne et sur le moment, je regrette que ce soit mes poumons qui me fassent plus souffrir que mes jambes. Finalement la première pause est véritablement la bienvenue. Arrosée de bière partagée dans une grande corne bovine proposée par un géant à la longue barbe rousse. Le carnet de dessin pèse lourd dans mon sac, il n’y a que moi pour ne pas vouloir me débarrasser de cette petite chose qui n’accueillera finalement que quelques croquis ratés. Je me déleste dudit sac sérieusement inutile quand on a un homme assez adorable pour vouloir trimballer assez d’eau pour deux. Nous reprenons la route avec du baume au cœur. Entre temps, les langues se sont déliées, surtout la mienne avouons-le, cracher ses poumons et assouvir sa curiosité en posant un milliard de questions à ceux qui ne seront bientôt plus des inconnus n’est pas compatible.

Entre temps, je ne saurais dire lequel d’entre nous à jeter le premier bâton à l’adorable toutou, mais sa maîtresse avait bien prévenu « Tu te fatigueras avant elle ! ». Alors que je rame à grimper et me concentre sur mon équilibre plus qu’approximatif, la chienne fait des allers-retours sans s’épuiser. L’avantage avec les pentes : besoin de personne pour se jeter le bâton. Bout de bois dans la gueule, elle le lâche en haut et court le récupérer en bas.

Un pas après l’autre, sous la canopée, les rayons de soleil percent et nous emportent dans un monde féérique. Les bruits qui viennent rythmer nos conversations sont ceux du vent dans les feuilles et du court d’eau qui coule à quelques mètres.

Puis, enfin, le bout du chemin. Les conducteurs vont chercher les voitures qui nous mèneront au lieu de bivouac. Les autres continuent un brin et je me mets à chanter la Piémontaise pour me donner du courage. Le ciel est couvert et le château de Montségur joue les timides derrière le brouillard.

Les chauffeurs nous récupèrent, quelques minutes de soulagement avant d’entamer la dernière ligne droite (ou la dernière escalade à mes yeux !) avant d’atteindre l’un des endroits le plus beau qu’il m’est été donné de voir. Un petit pont sur une rivière claire, une prairie habitée par de magnifiques génisses blanches aux yeux noirs. Quelques pas encore et nous y sommes.

 

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"I'm going on an adventure!"

 

 

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Te frottes pas au gang des vaches! 

 

C’est là, au cœur de la Création que nous partageons un déjeuner plein de bonnes choses : saucisson, pâté, pain, tarte au potimarron, bœuf séché, vin et bière. A l’appétit les amis !

Après nous être sustentés, l’installation commence. Tout le monde semble savoir ce qu’il doit faire et moi je suis un peu perdue. Je joue les dures, mais je ne suis pas une Valkyrie. Et si les hommes avaient pu me rapporter quelques peaux de bêtes en coudre pour nous protéger du frimas de l’automne, j’aurais sans doute mieux su trouver ma place. Mais finalement, ma stratégie ne se relève pas mauvaise. D’abord observer puis se mettre en action, imiter et comprendre les bases de la survie. Du bois, du feu, de l’eau.

Cela fait, les ateliers peuvent débuter. Dans la prairie, les deux grands gaillards nous donnent quelques bases de boxe en guise de défense, le temps sous les yeux curieux des vaches assez peu farouches pour vouloir se joindre à nous. Puis quelques conseils pour pêcher.

Fourbus, il faut néanmoins encore installer nos habitations respectives. Chacun sa technique, de la plus moderne à la plus rustique. Le géant semble se lancer dans la construction d’une villa avec six salles de bain pour impressionner sa donzelle. Mon homme est fier d’exhiber la tente-double-poncho de l’armée allemande achetée dans un surplus militaire. Les célibataires forcés tendent une bâche entre le sol et un arbre tandis que les autres montent leurs tentes igloo.

La beauceronne, elle, n’est pas fourbue. Et tant qu’il y a du bois, elle insiste, le jette aux pieds de l’un ou l’autre d’entre nous jusqu’à ce qu’il y en ait un qui cède (je suis très faible, et la plupart du temps c’est moi qui lui lance le bout de bois).

C’est enfin la veillée, nous nous installons autour du feu. C’est le géant et sa fée qui nous offrent le dîner. Produits locaux, gratuits, cultivés dans leur potager. J’apprends un tas de choses pour devenir une femme accomplies (entre autre à faire du pâté et des tomates séchées). Les discussions vont bon train sur le monde moderne et le désespoir qu’il véhicule mais aussi que l’espoir que nous avons, le cœur vaillant, à combattre pour nos idéaux. Le chevreuil cuit lentement dans la bière et le vin coule dans nos quarts.

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Chaud devant ! 

 

Et là, au cœur de la nature, au milieu de la simplicité de mes compagnons, à cet instant précis où mes yeux aperçoivent le firmament illuminé, je suis à ma place. J’ai rarement ressenti cette plénitude parfaite, à l’église la plupart du temps, en présence de Dieu finalement. C’est clair, il était là le Bon Dieu !

Du vin, encore du vin et de la poire. Rires aux éclats. La journée a été longue, chacun son tour, le temps de rejoindre nos abris.  

La nuit ? Froide, humide, courte.

La plénitude m’a quittée et il n’y a qu’une pensée qui me vient : cette nuit est unique pour moi, mais c’est la même à chaque tombée du soleil pour ceux qui n’ont pas la chance d’avoir un logement. Là, j’ai le cœur serré. Finalement je réussi à dormir, emportée par l’extrême fatigue physique.

Ce n’est pas la lueur du soleil qui nous éveille mais bel et bien le bourdonnement des premiers levés déjà affairés à chauffer un café. Je m’extirpe avec difficulté de ma tente pour être instantanément accueillie par la chienne, bonne patte bon œil qui m’apporte … un bâton.

Il est temps de ranger, de nettoyer. Je descends me rafraichir dans la rivière (non, la nuit n’a pas été assez froide, j’en rajoute une couche en me baignant dans une eau glaciale…).

Nous repartons en laissant le lieu tel que nous l’avions trouvé, ou seulement avec le souvenir de notre feu de camp. Un peu de marche (encore) et c’est le temps des au revoir, certainement pas celui des adieux. La beauceronne réclame une dernière minute de jeu. A croire qu’elle a compris que c’était la fin de la courte aventure, elle semble enfin montrer quelques signes de fatigue.

J’aurais encore tellement à dire sur cet instant hors de l’époque, je dramatise peut-être un peu mais c’est là mon don, voir une immense aventure dans un petit chemin. 

 

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mercredi 18 mars

Beannachtaí na Féile Pádraig oraibh !

Hier, 17 mars, les Irlandais du monde entier rompaient leur carême pour un jour afin de fêter la Saint Patrick. Cette fête est de plus en plus populaire alors ai-je vraiment besoin de faire un petit topo là-dessus ? Oui, bien sûr, parce que personne ne connaît le vrai sens de cette fête (comme celui de la plupart des fêtes d’ailleurs) et que la culture n’a jamais tué personne.

Je vous la fais rapide.

 Qui est ce "Patou"? 

L’histoire se passe entre 400 et 600 après JC, Patrick n’est pas encore Saint. Être Saint, c’est un peu comme être un super-héros, ou une femme, on ne l’est pas de naissance, on le devient. A part quelques exceptions comme Super Immaculée Conception qui envoi du pâté comme Sainte.

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Pardon, on a dit rapide, donc Patrick, de son vrai nom Maewyn Succat,est originaire de quelque part en Galles ou en Ecosse. Sa famille est chrétienne, plutôt basique, un père, une mère, sa grand-mère était de Gaule (ça on s’en fiche un peu mais c’est toujours cool de voir qu’un personnage célèbre a des ancêtres de chez nous). Adolescent, il est enlevé par des pirates Irlandais. Il arrive sur l'île et on le vend comme esclave à un druide. Il parvient à s'échapper après avoir reçu un appel du Seigneur dans l'un de ses rêves (moi je rêve de chevaux miniatures, je ne suis pas encore sûre du message). Il retrouve finalement sa famille et devient prêtre. Un peu plus tard, Dieu revient lui parler dans son sommeil. Il s'embarque donc pour l'Armorique (le pays d'Astérix), il pérégrine en Gaule, notamment à Auxerre où il est ordonné évêque. Et c'est là que sa carrière va prendre un tournant significatif. Sous l'ordre du pape Celestin, il retourne en Irlande et commence à évangéliser le merveilleux pays. Pour la petite histoire, il explique la Sainte Trinité aux Irlandais grâce au trèfle, chaque lobe représente un élément: le Père, le Fils et le Saint Esprit, faisant parti d'un tout. Il a créé plusieurs monastères et a également permis aux moines de retranscrire par écrit les fabuleuses histoires de la tradition littéraire orale de l'Irlande païenne. On raconte également que par sa bénédiction, il a chassé tous les serpents d'Irlande. Cette action symbolise la conversion du peuple Irlandais, le démon étant chassé de l'île.

Maintenant que je vous ai bien remis dans le contexte, je vais enfin pouvoir faire ce que je préfère: parler de moi.

Rater une soirée de la Saint Patrick, surtout à Bordeaux, hors de question. Quand on fréquente comme moi la jolie Rox tellement accro à l'île d'Emeraude qu'elle en parle jusque dans son CV, on ne peut que se convertir à cette passion. Voilà, Rox, c'est une petite St Patrick, elle ne convertit pas au christianisme mais à l'Irlande, même son mari n'y a pas échappé.

Pour l'occasion, nous avons retrouvé quelques amis en ville, le but est de faire la tournée des bars ce soir là, acheter des pintes de Kilkenny ou de Guinness et collectionner assez de chapeaux de leprechauns pour crouler sous leur poids. Sauf qu'il faut prendre en compte certains paramètres cette année: first, on est mardi, demain il y a école/travail; second, on se fait vieux, on n'aime plus la foule et on n'assume plus aussi bien les lendemains de cuite; third, en parlant de leprechaun, Rox en a un calé bien au chaud dans son ventre, et le seul monaco autorisé pour l'occasion est loin d'être assez efficace pour lui tourner la tête, et Rouky, en bonne amie, compatit et commande un jus de tomate (en même temps c'est très bon le jus de tomate!). 
Autant vous dire que nous avons terminé la soirée de manière plutôt calme, éloignés de la foule. C'était tout de même une bonne occasion, ce soir là, de faire un retour en arrière, de se remémorer la toute première nuit de la Saint Patrick dans laquelle Rox m'a entraînée.

Nous avions 16 ans, plus ou moins, et jeunes adolescentes, c'est le grand frère de Rox qui s'est chargé du chaperonnage. Encore aujourd'hui, quand nous en reparlons, une seule phrase nous vient: "Le pauvre!!"
Je suis allée déterrer l'article de blog que j'avais écrit pour l'occasion (attention, ça pique les yeux de niaiserie).

 


 

 

Allez, un petit dernier pour vous raconter ma soirée:

1/Rox, merci encore à ton frère, véritable chevalier servant
2/J'ai appris à répondre aux garçons qui m'abordent
3/J'ai rencontré un serveur trop canon! (mdr)
4/J'ai appris que j'aimais bien la bière (une préférence pour la Kilkenny) et le Belley
5/Je sais que je ne tiens pas l'alcool du tout
6/Après une pinte je titubais déjà
7/On a rencontré Etienne de Lyon (super pote de Rox NM)
8/Il n'y avait pas Doudou (sniff)
9/On n'a pas rencontré le Lover, Maskim et les autres (ouf)
10/Le lendemain j'avais mal au crâne (NM)

 


 

Pour analyser un peu ma prose de l'époque, nous pouvons aisément deviner que je suis tombée amoureuse plusieurs fois durant cette soirée ( à commencer par le grand et beau frère de Rox, ah! l'adolescence et son chamboulement d'hormones!!). J'utilisais un vocabulaire d'époque (ne me jugez pas, mdr). Pour traduction, NM est un petit mot inventé par ma classe de littéraire au lycée qui veut dire "normal", ouais, nous étions tellement intelligents que nous faisions progresser la langue française. Nous remarquerons également la récurrence des allusions à une probable première cuitine (petite cuite), depuis j'ai bien progressé sur le sujet, l'entrainement, il n'y a pas mieux!

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Voilà aussi comment se prendre 10 années en pleine face, mais enfin, avec des souvenirs comme ceux-là, ça ne me dérange pas. Alors bonne Saint Patrick à tous (en retard) et VIVE L'IRLANDE! 

Posté par _Rouky_ à 21:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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