Le Festin

lundi 21 avril

Demain j'arrête!

Vous le savez déjà, j’aime - non- je méga- aime lire ! Sauf que j’ai mes moments, parfois je me jette sur quinze livres d’affilé et parfois j’en ouvre timidement un au début du mois pour le finir trois mois plus tard. C’est ce qui m’est arrivé avec Demain j’arrête de Gilles Legardinier (ce nom me stresse à un point phénoménal, si j’ai bien appris dans mon enfance que « g » et « a » donnent « ga », j’ai à chaque fois terriblement envie d’appeler ce type « Lejardinier », non mais c’est vrai, au moins ça veut dire quelque chose ce nom.)

C’est ma Maman qui m’a offert ce livre à Noël, un petit pocket avec un chaton en bonnet péruvien sur la couverture, ça ne se refuse pas. La quatrième de couverture laisse présager une histoire un peu amusante, peut-être romantique, on ne sait pas trop. Avec ces éléments, j’ai bien sûr compris que, non, ce n’était pas un moyen pour elle de me dire d’arrêter quoi que ce soit (« De fumer par exemple ? » « Oui, bon, ça va, les clopes en Duty Free, c’est pas cher. J’arrêterai … après… »).

J’ai ouvert le livre après avoir dévoré en deux jours trois quart le merveilleux thriller de Frank Thilliez : Puzzle. Si déjà les premiers chapitres étaient assez attrayants, je me suis laissée allée peu à peu à la paresse, abandonnant ce livre au fond de mon sac à main et ne lisant qu’une page ou deux aux instants morts de mon quotidien. Mais malgré tout, ce roman m’a rapidement plu et j’ai immédiatement vanté l’écriture de Gilles Legardinier à Rox, d’abord en janvier, puis en février jusqu’à ce qu’au début de la semaine dernière elle me tanne d’un amical : « Ah oui, le livre que tu as commencé à lire il y a deux ans. »

Voilà donc à quoi servent les amis ! J’ai immédiatement repris ma lecture, juste histoire de lui donner tort, tout en me laissant prendre au piège du je-veux-la-suite-de-l’histoire.

Une nuit blanche plus tard, je viens vous conter mon coup de cœur pour ce roman.

Demain-jarrete

Pas commode ce chaton! 

Pas d’univers fantastique ou futuriste, nous sommes quelque part en France, dans une petite ville (de toute évidence) et Julie Tournelle, 26 ans, un peu paumée dans une soirée organisée pour fêter le divorce d’un ami, vient nous raconter le truc le plus idiot qu’elle ait fait de sa vie. Tout commence à l’arrivée d’un petit nouveau dans son immeuble répondant au nom amusant de Ricardo Patatras. Julie va alors tout faire pour rencontrer ce nouveau voisin puis enfin pour le séduire. Ce qu’il y a, c’est que folie après folie, on réalise que cette sage employée de banque est loin d’être une poupée de salon, elle-même se découvre carrément aventurière une fois tombée amoureuse de ce mystérieux inconnu.

« Si chaque rencontre entre deux humains pose autant de problèmes il est clair que l’on ne va pas se reproduire assez vite pour empêcher les chats de prendre le contrôle de la planète. »

La narration de Julie est entraînante et très drôle. Je me suis assez bien retrouvée dans ses délires en aparté de fille amoureuse, dans ses interrogations existentielles sur la vie, l’amour, l’amitié. J’ai beaucoup apprécié le petit monde du quartier qu’elle habite, un tableau tendre qui nous rappelle qu’il ne tient qu’a nous que le quotidien ne soit pas routinier.

Un livre que je recommande à celles et ceux qui aiment bien les histoires d’amour extraordinairement ordinaires. 

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dimanche 16 février

FAUVE

Depuis que j'ai une voiture (Oui !! J'ai une voiture !) je me suis remise à écouter la radio et toute la soupe musicale qui va avec (Non, je n'ai pas de super autoradio qui te pump it up du fessiers quand tu écoutes Beyoncé ). Parfois, j'entends un morceau nouveau qui me plait bien et souvent je le déteste au bout de la 400ème écoute. Mais dernièrement, c'est en écoutant la radio que j'ai eu un véritable coup de coeur. FAUVE.

C'est leur chanson De Ceux qui passait à ce moment, je n'ai pas zappé immédiatement parce que je devais prendre un rond point ou un virage un peu serré, parce qu'aux premières paroles parlées je me suis dit « Woohoo, du slamj'aime pas. » Et pourtant, j'ai laissé toute la chanson défiler, étrangement captivée par le texte. Concentrée, curieuse de connaître le thème de ce groupe/type. Fauve parle juste du commun des mortels et je me suis retrouvée dedans.

« Nous sommes de ceux qui veulent à tout prix tabasser leur part d'ombre
Et faire taire leurs sales travers
Nous sommes de ceux qui cherchent à rejoindre les rangs
Des lions, des maquisards, des résistants des sentiments. »

De là à me renseigner sur eux, sur qui ils sont et ce qu'ils ont fait, il a fallu attendre un autre morceau posté sur Facebook par une copine de fac. Loterie, mon titre préféré je pense, quoi que maintenant que j'ai un peu parcouru leur discographie, je suis embêtée pour choisir.

Alors, qui sont-ils ? Je suis allée voir sur Wikipédia (oui, je sais, source peu fiable mais franchement, je n'avais pas l'intention de faire une thèse sur eux, juste de me renseigner un peu) et j'ai appris que ce n'était pas un groupe ou un type, mais un collectif. Dénomination très cool (hipster powaa!!) et justifiée par le fait qu'ils ne font pas seulement de la musique et de la poésie contemporaine, mais aussi de la vidéo, de la photo, et plein d'autres trucs sans doute, des Artistes avec un grand A en somme. C'est chouette pour eux, d'être polyvalent, de vouloir s'entourer d'autres artistes de disciplines différentes mais ce n'est pas exactement ce qui m'a convaincue.

Je me contente de me délecter du trio musique/paroles/vidéo.

Difficile de faire un article pour expliquer ce qui me plait parce que si la beauté est universelle, ses déclinaisons sont subjectives. L'intérêt c'est que pour une nouvelle fois depuis longtemps, j'ai découvert une musique qui me bouleverse corps et âme (oui, ça fait un peu dramatique comme tournure, j'aime bien le drame).

Jeunesse Talking Blues

 

Ils ne se résignent pas à la médiocrité, ils parlent d'amour, du vrai, de l'amour humain et imparfait, s'ils sont violents c'est contre le noir et le blizzard, le brouillard, tout ce qui veut nous mettre à genoux. Ils savent que la vie est dure mais qu'elle est belle aussi.

Ils ont déjà leur petite notoriété maintenant, mais je voulais partager ça ici, au cas où d'autres âmes sensibles pouvant être touchées par l'optimisme réaliste de Fauve.

 

Lettre à Zoé

Posté par _Rouky_ à 18:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mardi 14 janvier

6 packs d'eau

Allez, histoire de changer un peu, on va parler d’un sujet pas marrant aujourd’hui, mais un sujet qui me touche beaucoup comme vous vous en douterez. L’OBESITE.

Un gros mot (c’est le cas de le dire) que certains utilisent parfois de manière particulièrement négative mais qui n’a pour prétention de n’être qu’un terme médical qui signifie « excès de masse grasse entraînant des inconvénients pour la santé ».

Je suis la première à défendre le droit à la non-uniformité de la beauté, à me battre contre la dictature de la minceur et la reconnaissance des grandes tailles dans la mode (et dans la vie tant qu’à faire). Mais si tous les types de silhouettes existent et doivent continuer d’exister, il faut aussi savoir arrêter de se voiler la face et réaliser que l’obésité est une maladie, qu’elle altère la santé et qu’elle doit être combattue. Rien à voir avec la mode, les magazines féminins, le regard des gens.

J’ai toujours été grosse. J’ai dans un premier temps cru que je devais maigrir pour être comme tout le monde et le moyen le plus logique de mon petit esprit de gamine stupide était d’arrêter de manger. Sauf que manger, j’aime vachement ça, surtout que j’ai toujours cru que c’était ce qui résolvait tous mes problèmes. Voyez venir notre ami le cercle vicieux ?

Au collège, les médecins ont commencé à essayer de traiter ce que je voyais comme un simple désagrément visuel. Loin de résoudre quoi que ce soit, sans vouloir m’appesantir sur les évènements de ma vie qui m’ont menés là, je me suis contentée de développer des troubles du comportement alimentaire (encore un gros mot). Pour résumer, je me suis mise à faire des crises de gavage compulsif. Rien à voir avec la gourmandise quand on songe aux pots de mayonnaise que je mangeais à la petite cuillère ou aux boites de haricots verts englouties à même l’aluminium. Les américains (super forts dans tout ce qui est obésité) appellent ça le Binge Eating, chez nous, c’est l’hyperphagie. Ce mot m’évoque comme un petit monstre affamé à l’intérieur qui demande toujours plus. Ce petit monstre, je l’ai gardé bien au chaud pendant toute mon adolescence, puis ma vie de jeune adulte. Je l’ai nourri, entretenu, il est encore là aujourd’hui. Il m’a poussée à faire de belles conneries avec mon corps. J’ai essayé de le punir, plusieurs fois, en l’affamant, mais rien à faire, il était toujours plus fort que moi. J’ai beau chercher encore aujourd’hui une raison bien définie à tout ce mic-mac psychologico-alimentaire, je n’en vois pas une, mais des centaines.

Je suis donc devenue obèse. Pour être claire, il y a trois niveaux d’obésité (je vous passe le topo sur le calcul de l’IMC) : obésité faible, obésité modérée, obésité morbide. Morbide.

Quand j’ai découvert que j’étais en obésité morbide, j’ai réalisé par la même occasion que tout ce qui n’allait pas dans ma vie se rapportait à mon corps et à ma façon de m’alimenter. J’ai appris que si je continuais sur ce chemin, j’aurais toujours de plus en plus mal au dos, aux genoux, je n’aurais sans doute jamais d’enfants, j’aurais de plus en plus de mal à respirer, à dormir, à marcher, à vivre en fait. J’ai aussi découvert que je pouvais en mourir.
Cette partie de l’histoire, c’est celle qui est le plus difficile à accepter. On peut être gros et en bonne santé, vivre longtemps et heureux, mais je ne pouvais pas continuer d’avoir un comportement autodestructeur comme je le faisais et croire que personne ne remarquera rien, et que ça n’aura aucune conséquence sur ma vie.

Je ne me suis pas réveillée un jour en disant « ça suffit ! », je n’ai pas eu de déclic révélateur, j’ai juste choisi au jour le jour de rompre avec mes mauvaises idées, mes mauvaises pensées et mes mauvaises habitudes. J’ai voulu faire du sport pour arrêter de me sentir impotente. J’ai voulu cesser de me laisser dominer par la nourriture. J’ai voulu me mettre à vivre, arrêter de tout m’interdire parce que trop lourde, trop imposante, trop incapable. Mais la montagne immense dressée devant moi que je devais franchir m’a aussi fait réaliser que j’aurais sans doute besoin d’aide.

Se guérir d’un trouble du comportement alimentaire n’a rien de facile, ce n’est pas avec deux baffes qu’on règle un tel mal. Aujourd’hui encore, je sais que je peux replonger à tout moment. Ça peut faire sourire, mais c’est comme la drogue, l’alcool, c’est un combat de tous les jours qui demande force et courage pour ne pas sombrer à nouveau. Je sais que rien n’est gagné, toute ma vie je devrais faire attention à ne pas me laisser retomber dans mes travers. Mais je sais aussi d’où je suis partie et c’est tout ce chemin parcouru qui me permet de continuer d’avancer.

Bon, maintenant vous voulez savoir hein ? Combien ? 35 kilos.
35 kilos, c’est le poids de 6 packs d’eau.

 

4

 

Belle désillusion en revanche, non, perdre du poids ne rend pas photogénique ... 

Voilà, j’ai perdu 35 kilos et c’est une de mes plus grandes fiertés. Je me suis débarrassée d’une partie de moi, une partie pas sympa qui voulait m’envoyer dans le trou plus tôt que prévu. Je ne fais pas du 38, je n’aspire pas à devenir une sirène toute mince et toute pimpante, je ne suis même pas dans "la norme", je veux juste être en bonne santé et en harmonie. Un esprit sain dans un corps sain.

Un mot à ceux qui souffrent et qui croient que c’est une fatalité, que rien ne changera jamais, à ceux qui se cherchent de fausses excuses. Tous les espoirs sont permis, la seule chose à faire pour gravir cette montagne, c’est prendre une bouffée d’air et commencer à marcher. Parce qu’un gros qui marche ira toujours plus loin que n'importe qui restant sur son cul. Et on s’en fout du temps que ça prend, on s’en fout d’avoir à pleurer pour réclamer de l’aide, on s’en fout de tomber mille fois à genoux, se donner les moyens de vivre c’est ça la dignité. 

 

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dimanche 08 décembre

Résolutions

Attention, ce post n’est absolument pas à but déprimatoire*.

Je vais avoir 25 ans (ouais, je sais, bouh, la vieille, surtout quand on songe au fait que j’avais 18 ans lorsque j’ai commencé ce blog). Si on m’avait demandé où je serais à 25 ans quand j’étais gamine, je n’aurais certainement pas pu donner la bonne réponse. Pour refaire un topo sur mon parcours (j’aime bien ce mot, ça fait pro), j’ai eu mon bac L, j’ai fait des études plus ou moins utiles (Lettres modernes, Architecture d’intérieur, Histoire de l’art, Arts plastiques), j’ai fait un service civique trop cool (voir les articles où j’en parle) et je suis désormais employée à temps plein dans une entreprise en tant que téléprospectrice. Oui, c’est moi la chieuse qui téléphone pile au moment du repas ou de la sieste pour te demander si tu veux des panneaux solaires. Bien sûr, ce n’est pas exactement le métier que je souhaite exercer toute ma vie mais il faut bien vivre et je suis plutôt bien tombée dans le genre job alimentaire.

 

TELECONNE

Déjà, je bosse pour une petite boîte sérieuse, familiale, qui utilise des produits de qualité, n’arnaque pas les gens et veut le bien être de ses employés. Je bosse avec des gens adorables (collègues et patrons) et j’ai des horaires qui me permettent de faire la grasse mat’ tous les jours et de sortir tous les soirs malgré tout. Je peux également récupérer toutes les semaines palettes et tourets en bois issus des installations de panneaux solaires qui sont sensés partir à la benne.

C’est ce qui me mène à la vrai raison de cette note. Parce que c’est trop mainstream de prendre des résolutions pour la nouvelle année et de les mettre en application uniquement le 1er janvier, j’ai décidé de vous faire part de mes résolutions et de les mettre en application dés aujourd’hui (enfin demain, parce qu’il est 23 heures là, et que j’ai juste envie de me poser devant un film et de dormir sous ma couette).

  • Première chose, je vais arrêter de faire la grasse matinée et me lever plus tôt pour m’occuper de ces palettes et tourets, les transformer en meubles méga cool et originaux.
  • Deuxièmement, je vais reprendre mon carnet de dessin, me dessouder les os du poignet et recommencer à dessiner pour de vrai histoire de vous proposer des images un peu plus potables.
  • Troisièmement, je vais arrêter de fumer (quand mon paquet sera fini), faire du sport (bon, ça j’ai jamais vraiment arrêté), boire du thé et mettre de la crème hydratante sur ma peau de crocodile tous les jours.
  • Quatrièmement, je vais terminer d’écrire ce bouquin, une bonne fois pour toute, le publier et devenir riche bordelou (ou pas…)

Voilà, raisonnable n’est-ce pas ? Alors ça fait quinze mois que je me promets toutes ces choses et que je n’en ai réalisée aucune. Mais comme on dit, c’est l’intention qui compte.

De votre côté, vous êtes en droit de me réclamer des nouvelles concernant ces quatre résolutions dés que vous me verrez, et de rire à gorge déployée quand je vous direz que « j’y travaille » alors que je me suis contentée de mater la dernière saison de Supernatural en bouffant des carambars.  

 

*Rouky se réserve le droit d’inventer des mots comme bon lui semble. 

Posté par _Rouky_ à 23:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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