Partie 1

Partie 2

En Bretagne il ne pleut que sur les cons.

Tout a commencé au rassemblement volontaire à Brest. Lors d’une réunion où j’ai atterri un peu par hasard (sans doute parce ce que l’atelier macramé avait été pris d’assaut). On nous y a parlé des chantiers internationaux* organisés par les Compagnons Bâtisseurs en été. Le concept : un groupe de jeunes bénévoles venus du monde entier qui passe trois semaines dans un petit village en France afin de réaliser un chantier de rénovation du patrimoine.

Quand les premières offres sont arrivées, j’ai regardé, tourné autour du pot, puis j’en ai choisi une qui me plaisait. J’ai donc postulé pour le poste d’animatrice pédagogique pour un chantier organisé à La Bouëxière, village (parfait) de Bretagne en Ille et Vilaine à quelques kilomètres de Rennes, par les CB. J’avais un co-animateur de choc, Florian, volontaire chez les compagnons lui aussi et un animateur technique tailleur de pierre, Guillaume. Deux boute-en-train qui m’ont naturellement laissé le rôle de Maman de la troupe, chose que j’ai adoré (malgré quelques soupirs d’épuisement ça et là). L’objet de notre projet : la chapelle de Chevré. Notre but : construire un mur en pierre pour soutenir l’amas de terre menaçant la chapelle. 

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L’accueil

J’ai déjà remercié la commune de La Bouëxière un million de fois, et je continuerais à la faire, mais il faut avouer qu’ils nous ont réservé un accueil ultra-chaleureux. C’est une commune qui bouge, pour sa population, et pour ses jeunes, avec le charme fou qu’ont les villages français. Nous avons été extrêmement bien reçus à La Bouëxière. Que ce soit avec la population locale (voisins du chantier, jeunes de la ville, commerçants, …) ou avec la municipalité qui nous a beaucoup aidé à résoudre les soucis.

Nous avons été logés au stade municipal avec possibilité d’installer des tentes sur un terrain d’entrainement et d’utiliser les sanitaires et la salle de convivialité situés à côté. La mairie a mis à disposition de la vaisselle, une gazinière (avec un four un peu dangereux qui nous a donné un peu de mal mais surtout d’excellents moments de rire), un frigo (qui ne fermait plus à la fin du chantier à force de glace accumulée dans le freezer). Mais malgré ces quelques difficultés, nous n’avons manqué de rien, et si nous manquions, nous pouvions demander à la mairie. Nous avons pu nous installer correctement et rendre l’espace plus personnel en affichant, planning, tableau de vocabulaire, fiches à idées …

Les tentes ont été installées pour que chacun puisse trouver sa place mais finalement, deux ou trois ont terminé le séjour en posant leur matelas dans les vestiaires. La vie en camping peut être rude, surtout après le seul mais fulgurant orage qui a tonné le dernier soir.

A leur arrivé, les bénévoles étaient encore tout timides, les premiers repas étaient assez silencieux même si déjà, des discussions ont commencé à se créer ainsi que des affinités. Cela nous a un peu inquiété au départ puis nous avons rapidement réalisé que c’était tout à fait normal puisque deux jours après le début du chantier, l’ambiance commençait déjà à devenir bien plus chaleureuse chacun apprenant à se connaitre peu à peu.

Chacun avec sa personnalité a apporté sa pierre à l’édifice (métaphore bien trouvée n’est ce pas ?). Nous avions Gil (français), l’artiste et penseur, Carla (espagnole) qui perd toujours tout, Clément (français) nonchalant, Lise (française) toujours partante pour tout, Laurine (française) calme et pondérée, Oumar (malien) le showman, Ozdem et Begum (turques) souriantes et patientes malgré leur malchance (les pauvres ont toutes les deux été privées de leurs bagages en débarquant à l’aéroport).

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L’organisation du séjour

Nous avons eu la chance d’avoir un groupe fonctionnant très bien. Après avoir parlé des recommandations et des règles de vie commune un peu solennellement lors du premier repas, tout s’est finalement imbriqué naturellement. 

Pour les repas, nous préparions le déjeuner la veille (repas froid type salades composées, cakes salés, …) et faisions parfois des barbecues sur place. Pour le soir, tout le monde s’activait rapidement que ce soit pour éplucher ou couper des légumes ou cuire.

Petite anecdote : Florian et moi, débutants dans l’animation, avions commandé bien trop de pain à la boulangerie au début et les pauvres petits se sont vus dans l’obligation de décliner la baguette française à toutes les sauces les premiers jours.

Le fonctionnement pour le rangement et le ménage était à peu près le même. Au moins une fois par semaine, deux bénévoles restaient avec un animateur pour s’en occuper le matin avant de rejoindre les autres sur le chantier.

Le budget n’a été géré que par un animateur (moi, fille de comptable oblige) pour éviter les mélanges et les incompréhensions. J’ai pris soin d’impliquer les bénévoles car ce sont eux qui décidaient des repas et cela leur permettait de se rendre compte de la réalité des comptes (parce qu’on avait pas budget illimité non plus).

Concernant l’ambiance, si au début j’ai eu peur que les étrangers soient mis à l’écart à cause de la langue (nous avions une majorité de bénévoles français), tout le monde a finalement réalisé qu’il fallait faire un effort. Chacun a d’abord commencé à utiliser les bases d’anglais ou d’espagnol qu’il avait. Un tableau de vocabulaire installé dans la salle de convivialité a finalement permis d’en apprendre plus jusqu’à ce que nous parlions tous dans un langage unique mêlant signes, anglais, français, espagnol et turc.

Nous avons fait plusieurs sorties. Le premier vendredi soir à Rennes. Le premier samedi balade à Mézières sur Couesnon puis baignade à l’étang de Feins avant de revenir pour la fête organisée par la municipalité à l’occasion du 14 juillet. Le deuxième samedi, c’était la grosse visite du séjour : Mont St Michel et St Malo. Les dimanches, en général, les bénévoles préféraient dormir un peu plus tard et récupérer la fatigue accumulée (ce qui m’allait parfaitement aussi). Le second dimanche quelques bénévoles se sont rendus sur la braderie de La Bouëxière (saucisson/cidre).

Sur le chantier en lui-même, tous les bénévoles se sont activement impliqués dans les travaux et ce très rapidement. Chacun y a trouvé son intérêt : le patrimoine, l’architecture, l’effort physique, la convivialité… On a même été rejoint par des bénévoles locaux, notamment deux petits gars pleins de ressources âgés de 13 et 14 ans, les mascottes du chantier. Le travail était rythmé de barbecues dans les brouettes et de parties de palet.

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Enfin

Ce chantier était parfait, même avec ses imperfections. Malgré la fatigue, malgré les petites surprises. Le départ a été le plus compliqué, accompagner les uns après les autres les bénévoles à la gare, à l’aéroport, … De chaudes larmes ont coulé et je n’imaginais pas du tout pouvoir m’attacher autant à des gens en si peu de temps.

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*Un chantier international ou chantier de jeunes bénévoles c’est un projet artistique, social, culturel, environnemental, … d’une durée déterminée durant lequel plusieurs jeunes (18/30 ans) venus du monde entier (et d’ailleurs) se réunissent quelque part (en France ou ailleurs) pour agir, le tout dans un camp organisé par des animateur avec bonne humeur.

L’intérêt et la richesse de ces projets sont de permettre à des jeunes de cultures différentes de se rencontrer et de rencontrer la population locale. 

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