Partie 1

Partie 2

Partie 3

Partie 4

 

Il est 5 heure du matin. Pour éviter de réveiller la totalité des clients du camping, nous avons rangée nos affaires la veille et placée la voiture sur le parking de l’entrée. Après avoir fait un tour à la douche et à la intimidad, la tente pliée sous le bras, nous finissons de charger la voiture. Rox prend le volant, Clo la banquette arrière et bien sûr je plonge mon nez fatigué dans la carte routière de l’Espagne.

 

Le chemin, que nous avions estimé à environ 3 heures maximum se révèle rapidement plus long, surtout lorsque nous repassons à 6 heure devant l’entrée du camping que venions de quitter, Rox l’air énervé, moi, l’air désolé, Clo l’air endormi.

Peut importe, la route est longue, on a bien autre chose à faire que s’engueuler. Rox passe le relais à Clo sur les coups de 7h pour aller dormir. Puisque c’est tout droit, Clo m’invite à dormir un peu, ce que je fais l’espace de vingt minutes avant qu’elle ne me réveille pour me demander de choisir entre deux destinations sur un panneau routier. Les  paysages se transforment sous nos yeux, la route devient plus sinueuse et les montagnes se dressent autour de nous. Nous nous arrêtons pour petit-déjeuner, en haut, à flanc de montagne. Le calme, l’horizon. Puis nous repartons. Nous entrons en pays profondément Catalan et même Clo est incapable de comprendre ce que nous indique la jeune femme alors que nous demandons dans un accent maladroit la prochaine station service.

C’est la vraie aventure ! Voilà ce qu’avait dit Clo alors que nous étions coincées sur le parking du Porcelanosa Barcelonais. Cette affirmation nous suit, pour notre plus grand bonheur.

 

La route est longue puis nous atteignons la frontière. C’est Rox qui conduit. Elle qui a passé une bonne partie de la matinée le corps bien ordonné à l’arrière, dormant avec style et panache, a laissé cette place à sa petite sœur qui pour une même activité semble bien plus désordonnée. Si bien que j’ai peur qu’on ne nous soupçonne de transporter un cadavre. D’autant plus que même le volume de l’autoradio poussé à fond pour mieux profiter de Rammstein ne sembla pas la déranger dans son sommeil. Rox savoure la musique, elle se lance dans un solo de air-chanson dont se souviendra sans doute le conducteur de la voiture bleue qui arrivait en face, la fixant du regard un grand sourire aux lèvres. Au moins nous divertissons les autres voyageurs.

 

Il est presque midi, enfin l’Andorre, la vraie. Tout le monde est bien réveillé. Première étape l’office du tourisme. Demandes d’usages : listes des campings du coin et leurs tarifs, les cartes d’usages, les informations sur ce qu’on a le droit d’acheter et de ramener en France et quelques bon plans pour un resto pas cher et typique pour le midi. Une fois sorties, direction la poste pour [enfin] posté nos cartes d’Espagne. Clo doit faire face à d’immenses timbres, on l’avait pourtant prévenue de laisser de la place pour celui-ci.

 

Pour déjeuner, nous trouvons un petit restaurant tout en haut d’une pente très raide. Evidemment, il faut attendre, il n’est pas encore l’heure du service. Pas de problème tant qu’on peut prendre l’apéro. Une bière pour Clo, un pastis pour Rox et moi. Enfin, un pastis … trois doses de Ricard dans un verre standard chacune, presque plus de place pour l’eau. Puis nous dégustons enfin les fameuses patatas bravas tant louées par Clo, et un repas typique accompagné d’un peu de vin. Un peu de vin qui me fera grand mal, moi qui n’ai pas dormis depuis 5 heures du matin, c’est assez instable que je vais devoir redescendre la côte jusqu’à la voiture. Je suis dés lors jetée à l’arrière, sommées de dormir tandis que les filles cherchent un camping.

Je me réveille quelques heures plus tard ou un peu moins. Le camping est avec piscine et pas vraiment coûteux. Quelle aubaine ! C’est le moment d’enfiler le maillot de bain et d’aller terminer la sieste au soleil.

 

Après avoir lézardé, nous nous motivons pour aller faire les courses. Dans notre panier, quelques produits de saison, un peu d’alcool pour l’apéro du soir, et des cigarettes, enfin, surtout pour Rox et moi. Le repas du soir est donc servit sur une table du camping, papotage, rigolade, atelier coiffure … Retour à la tente installée dés notre arrivée, coup de fil pour rassurer les parents de notre continuité d’existence. C’est aussi le moment où nous concluons qu’il faudra rentrer dés le lendemain, parce que l’Andorre c’est beau, mais surtout quand on a des chaussures de randonné.

 

Le lendemain. Dernier jour, grasse matinée exigée. Dernière douche, dernière intimidad. Nous réglons la nuit au camping et emballons nos affaires. Mais avant de partir, une dernière escale dans un  magasin très alléchant qui nous promet une dégustation de charcuterie et d’alcool gratuite. Et que ne découvrons-nous pas ? Des rayons entiers de petites corbeilles de dégustation, il en faut peu pour que nous en fassions notre repas. Charcuteries, fromages, nougats, … et tout est tellement délicieux qu’on voudrait y planter la tente. Nous nous contentons d’acheter une tonne de victuailles à rapporter ce qui nous donne droit à des cadeaux dans la boutique d’à côté : une parfumerie.

 

Ai-je précisé que nous sommes des filles ? Et ce que nous aimons plus que manger, c’est sentir bon. Trois heures, sans exagérer, pour enfin choisir un parfum, avec le nez éclairé d’une vrai pro. Clo et Rox choisissent pour leurs chéris, je fais l’égoïste et achète un flacon pour moi, rien que pour moi.

 

Cette fois c’est la route du retour. Un moment de doute à la douane vu que nous dépassons légèrement les quotas de tabacs et d’alcool autorisés, mais nous avons l’avantage d’avoir de bonnes têtes de filles honnêtes. Puis le chemin, la musique. Un petit gouter sur les bords d’une route française, le moment de partager ce que l’on a préféré dans le voyage. Puis les panneaux … Toulouse … Bordeaux …. La maison et déjà la nostalgie de cette semaine entre rêve et réalité.

 

Merci pour ce voyage, cette aventure époustouflante !